Humanité et sagesse

(L’humanisme comme ontologie et comme éthique)

Sous le terme « d’humanité » nous parlerons de ce qui se manifeste lorsqu’on dit « il est humain », ou dans des expressions comme « faire preuve d’humanité », « le respect dû à la personne humaine ». Il existe dans notre civilisation un accord sur ce qui est humain ou ne pas l’être. Cette appellation a donc une légitimité ; mais nous verrons qu’elle contient un abus de langage dont il faut se méfier.


Pour citer cet article :

JUIGNET Patrick. Humanité ou sagesse ? L’humanisme comme ontologie et comme éthique. Philosophie et connaissance [en ligne]. 2016. https://philosophie.site/2016/01/21/humanite-et-sagesse/


  • PLAN
    • 1/ Des qualités remarquables
    • 2/ Il faut évidement que cela soit possible. 
    • 3/ Un abus de langage intéressant
    • Conclusion sur l’humanisme

 1/ Des qualités remarquables

Nous commencerons par une approche subjective limitée à quelques traits caractéristiques. Être humain, c’est faire preuve de dignité, de sociabilité, d’empathie. Nous allons chercher à voir comment ces qualités pourraient se manifester aujourd’hui.

Être digne

Un grand nombre de personnes respectent les formes élémentaires de politesse et de civilité, sont honnêtes, admettent les lois communes. Elles s’attendent à la réciproque dans un cadre de justice élémentaire. Elles vivent ce que Jean-Claude Michéa nomme, la sociabilité primaire ou selon la « common decency » de George Orwell.  Respect, justice, réciprocité, sont au cœur de l’humanité. Ils offrent une possibilité de dignité pour chacun. Ces règles constituent un socle pour les relations humaines dans presque toutes les sociétés. On peut les considérer comme un ensemble formant un invariant anthropologique. Après Marcel Mauss, on peut y voir aussi la capacité à « donner, recevoir, rendre ». Ces formes élémentaires de la sociabilité se construisent grâce à l’éducation et dans les relations avec les autres. Avec Claude Lévi-Strauss, on peut rapporter ces règles et leur respect à l’ordonnancement constitutif de la culture humaine, ce qu’il nomme la fonction symbolique. Aristote lui, parlait d’une loi commune aux hommes (par opposition aux lois particulières).

Avoir une identité

Être humain, c’est avoir une identité individuelle et collective. Chacun sait qui il est individuellement, mais chaque personne a aussi une identité sociale qui lui permet de s’inscrire dans la collectivité humaine. L’identité psychologique permet de savoir que l’on existe en tant qu’individu. Elle se manifeste par des particularités, parfois un peu baroques, tout particulièrement à l’adolescence. L’identité sociale vient de la culture, de l’histoire, des traditions, du langage, dont le partage est un support majeur de la sociabilité. Être humain, c’est avoir une individualité ancrée dans le collectif, dans la communauté. Se créent ainsi les conditions nécessaires au partage et à l’échange avec les autres. La culture à l’origine de l’identité sociale peut être formée par les traditions de son village, les mœurs de son pays, ou une philosophie universelle, mais de toutes les façons, il faut une culture. C’est sur la base de cette identité partagée que la sociabilité humaine se crée.

Partager avec les autres

L’homme généralement se soucie de l’autre, il est empathique et sympathique : il compatit aux souffrances, partage les joies, échange ses émotions. Il y a une résonance, des effets en miroirs, des identités communes entre les humains. Être humain c’est être relié à ceux qui nous entourent, les comprendre. C’est manifester une solidarité, une générosité, s’entraider. Le mouvement d’entraide est souvent spontané et souvent freiné par les circonstances. Ce qui implique de dépasser l’égoïsme inhérent à l’individualité. C’est aussi  transmettre aux autres ce que l’on connaît, ce que l’on aime, partager son savoir. L’inhumanité se manifeste par une attitude froide, indifférente, permettant de traiter l’autre comme un moyen, un pion utile ou inutile. L’individu inhumain est coupé des autres, indifférent, robotisé ; il agit froidement par calcul, selon des comportements guidés par son intérêt immédiat ou fondés sur la hiérarchie et les normes sociales.

 Se limiter

L’homme a une propension à l’excès, à l’outrance, à vouloir tout et toujours plus. Être sans limite conduit à l’affrontement avec les autres et souvent à l’auto-destruction. La démesure a été repérée par la philosophie grecque et nommée hybris (du grec ancien húbris). Platon dans La République parle de la pléonexie (la passion d’avoir plus). Cette envie sans limite, si elle concerne les biens produit la cupidité et l’avarice, et si elle concerne soi-même produit l’orgueil, l’arrogance et la fatuité. Dans son discours, Platon fait intervenir Socrate pour montrer que la pléonexie est destructrice de la Cité.

De nos jours, dans un langage plus psychologique, on parlera d’avidité et de toute puissance. Ces tendances infantiles font naître chez l’individu une volonté sans frein qui ne considère rien d’autre qu’elle-même. L’avidité est prête à tout, y compris à la destruction, pour posséder toujours plus. Être humain, c’est ne pas tomber dans cet abîme destructeur, c’est avoir la capacité d’y opposer la tempérance, la modération. Se limiter sert à se préserver et à préserver les autres, c’est ce qui permet d’entrer dans une sociabilité harmonieuse.

Penser prudemment

Toute la philosophie s’accorde sur le fait que l’homme est un être pensant. Mais au-delà de la pure capacité intellectuelle qui caractérise l’homme, on peut se demander ce que serait penser humainement ? Ce serait penser en tenant compte des autres et de la complexité des problèmes. Les affaires humaines sont toujours complexes, il faut saisir de nombreux paramètres et tenir compte des conséquences, car les effets pervers sont constants. S’en tenir à un seul, c’est le plus souvent être dans l’erreur. Une pensée butée sur un seul aspect et qui néglige la complexité est une pensée limitée et inconséquente. On s’efforcera donc à un jugement complexe et pondéré, intégrant l’idéal de l’éthique comme les limitations de la morale.

Se montrer humain impose de penser avec prudence  ce qui évitera l’intolérance. Ce n’est pas être sceptique, mais prudent dans ses affirmations et les conduites qui en découlent. La pensée individuelle dépend de l’idéologie dominante. Cette dépendance idéologique est inéluctable car l’homme reçoit son identité d’une culture donnée. Être humain, c’est se distancier, critiquer l’idéologie, ce que permet la philosophie si elle joue correctement son rôle.

La manière humaine de se conduire dont nous voulons parler rassemble ces qualités (et probablement quelques autres). Par humanité, nous désignerons les qualités de l’homme lorsqu’il se montre altruiste et sociable, maîtrisé et empathique, digne et respectueux. Il s’agit finalement de la sagesse et de l’accomplissement personnel au sein d’une société, qui peuvent advenir chez l’homme.

2/ Il faut que cela soit possible.

Il faut évidemment que, ce que nous avons évoqué ci-dessus, soit possible pour un individu. Or, cela demande des conditions qui dépendent de la collectivité. Nous allons en envisager quelques unes dont on s’apercevra qu’elles ne sont par toujours réalisées.

Bénéficier d’une éducation

Tout cela ne vient pas spontanément. Il faut avoir eu une éducation permettant un équilibre personnel, une maturation et l’acquisition d’une culture. La culture donne des repères et transmet des valeurs morales et donne une identité sociale. Mais contrairement à ce que prétend le relativisme toutes les cultures ne se valent pas. Il faut une culture porteuse d’égalité et de fraternité. Il existe des cultures ou des sous-cultures barbares, utilitaristes, élitistes, qui valorisent l’égoïsme, la haine, la violence et la domination (le nazisme par exemple ou les cultures traditionnelles vindicatives). Dans ce cas, il n’y aura guère de possibilité de développement ce que nous désignons comme humanité.

Il est absolument nécessaire que l’éducation, en particulier précoce, forge des schèmes relationnels positifs entre enfants et adultes, et entre pairs. Si les schèmes relationnels de base sont marqués par la haine, la jalousie, la persécution, rien ne pourra rectifier ultérieurement. Il faut aussi une éducation qui apprenne les règles, permette d’en comprendre l’utilité, puis de les intégrer et de les faire sienne. L’individu mémorise sur le plan psychique tous ses apprentissages, ce qui va guider ses relations ultérieures avec ses semblables. Pour qu’il se montre humain et respectueux, il faut une éducation réussie.

Prendre son temps

Pour développer ces qualités, il faut avoir du temps. Le temps permet d’agir en conscience, de faire bien ce que l’on a à faire. Il permet d’être civil, d’accueillir les autres. Prendre son temps donne une possibilité d’attention et de sérieux vis-à-vis de soi, de l’autre, de la chose faite quelle qu’elle soit. Être humain c’est avoir non seulement du temps, mais aussi et surtout du temps libéré des passions et des agitations. Ce temps servira à penser calmement, en étant momentanément exempt des nécessités vitales, des avidités pulsionnelles, des conflits sociaux. C’est avoir une pensée libérée de l’opinion, distanciée des idéologies. Nous rejoignons par là un grand nombre de traditions philosophiques. Si l’on évite la métaphysique et que l’on s’en tient à l’aspect pratique, ce qui est nommé dans beaucoup de traditions  « méditation », « exercice spirituel », sont des moments libérés, permettant de penser honnêtement, authentiquement. Ces techniques permettent de se stabiliser, se distancier par rapport à ce qui fausse le jugement.

Être suffisamment libre

Pour exercer ces vertus, il faut être libre. Il ne s’agit pas de vouloir poser un acte indéterminé ou d’avoir une pensée pure hors de tout contexte, ce qui correspond à l’ambition d’une indépendance absolue parfaitement vaine. Il s’agit de la liberté concrète de pouvoir faire ce qui a été énuméré ci-dessus. Il s’agit d’être libre de prendre son temps, libre de penser, libre de rester digne, libre d’exprimer son identité individuelle et sociale, libre de partager. Il faut donc pouvoir le faire concrètement au quotidien et en avoir la possibilité.

Celui qui a été endoctriné dès l’enfance a peu de chance de réfléchir librement. Celui qui est asservi par un travail utilitaire épuisant, n’aura guère la possibilité de penser. Celui qui est contrôlé à tous les instants de sa vie, ne pourra pas se sortir du conformisme social. L’intention d’une société meilleure sera difficile à envisager, puisque c’est l’actuelle qui est désigné pour être la seule possible. Aller vers plus de justice et de tolérance, impose de se distancier par rapport aux déterminismes socio-culturels qui n’y sont pas favorables. Comme on le constate régulièrement, les crispations identitaires provoquent l’exclusion et l’ostracisme qui peuvent dégénérer en guerre et génocide.  Appuyé sur sa culture il faut aussi pouvoir s’en libérer. En termes philosophiques on parlera aussi « d’autonomie » par opposition à « l’hétéronomie » d’une vie aliénée, étrangère à elle-même, endoctrinée, robotisée.

3/ Un abus de langage

En admettant que tout ce qui a été décrit ci-dessus soit possible et réalisable, il reste une question de fond. Certains hommes y sont étranger, ce qui impliquerait l’affirmation paradoxale que des hommes ne soient pas humains. Mais alors que serait ces hommes non humains ? Voilà un problème embarrassant.

Humain et inhumain

Il existe en effet des hommes qui se conduisent tout autrement de ce que nous avons exposé ci-dessus, soit de par leur personnalité, soit de par les circonstances sociales. Ils sont incultes, indifférents, ont une absence totale d’empathie, se montrent sadiques, ubuesques, sans loi ni respect. Ces attitudes sont aussi provoquées par les organisations sociales hiérarchisées et bureaucratiques qui font de chacun un pion déshumanisé au service des supérieurs. Le maximum est atteint dans les armées et tout particulièrement les armées des états totalitaires perpétuant sans état d’âme massacre, torture, asservissement. On qualifie tout cela d’inhumain.

Cette formulation sous-entend une partition de l’homme. Il serait duel, avec une part en lui non-humaine (démoniaque, animale, sauvage ?). C’est une manière facile de résoudre le problème, mais nous refusons cette dualité artificielle, qui entraîne dans une métaphysique douteuse. Il y a un abus de langage à nommer « humain » ou « humanité » un aspect partiel de l’homme, une simple possibilité. L’abus consiste à généraliser et à donner comme  fondamental ce qui est partiel et n’est de fait que potentiellement réalisable. L’agressivité, la violence, l’égoïsme, la toute puissance, font tout autant partie de l’homme. Selon l’adage, l’homme est un loup pour l’homme. L’individu se montre souvent violent et prédateur envers ses semblables. Beaucoup d’hommes sont menteurs, tricheurs, enclins à transgresser la loi commune.

On pourrait donc tout autant dire qu’être « humain », c’est se montrer violent et hors-la-loi. Mais, on ne le dit pas. Avançons nous un peu plus dans ce paradoxe qui s’avère ne pas être trivial. Dans le cas d’une violence désorganisatrice de la sociabilité, on parle de « barbarie », « inhumanité », « sauvagerie. » Nous en concluons que l’usage courant du terme « humanité » valorise et généralise ce qui forge l’épanouissement de l’individu et de la vie en société. Il donne une universalité à ce qui devrait en avoir une. Par là, cet abus de langage correspond à une position éthique. On désigne par « humain » ce que devrait être l’homme lorsqu’il accède au bien, par « humanité » les qualités qu’il devrait avoir. Cette tradition langagière est acceptable, car il y a légitimité à promouvoir l’humain, à vouloir en faire l’essentiel de l’homme. Mais elle introduit un biais. Voyons lequel.

Résoudre le paradoxe

Les distorsions langagières ont toujours des conséquences fâcheuses, car elles introduisent des biais dans la pensée. Parler d’humanité sans précision risque d’induire un raisonnement fallacieux conduisant à négliger la part nuisible de l’homme et/ou à la rejeter ailleurs, chez l’autre, l’étranger, le barbare. L’homme en tant qu’individu du genre homo a des potentialités diverses, dont certaines sont la dignité, le respect, l’équité. Elles peuvent être développées ou bien être inhibées, refoulées, voire totalement détruites. Ce qui est communément qualifié d’humain, d’humanité, d’humanisme, correspond à une manière d’être possible, mais nullement certaine, celle de l’homme éduqué, équilibré, sage, mature. L’humanité au sens commun, c’est-à-dire éthique du terme, est une possibilité de l’homme. Il serait souhaitable de la nommer autrement que ne le fait le langage ordinaire, puisque l’homme peut tout aussi bien être barbare.

On se heurte au fait qu’il n’y a pas de terme bien approprié pour remplacer la locution « se montrer humain ». Pour ma part, je parlerais de sagesse altruiste, de sociabilité positive et accomplie, de décence et de dignité. Je parlerais d’une potentialité empathique qui, sans être certaine, est néanmoins possible, car ancrée dans ce qui constitue l’homme (ses premières identifications). Sa réalisation correspond en partie à la « common decency » décrite par Orwell, ou encore à ce que les moralistes depuis l’antiquité considèrent comme des « vertus ». Finalement toutes ces périphrases alourdiraient le discours qui deviendrait vite incompréhensible. Le mieux est de garder le terme d’humanité tout en sachant qu’il ne recouvre que l’une des possibilités de l’homme.

Et l’humanisme ?

L’humanisme est un mouvement intellectuel apparu en Italie au XIVe et qui s’est propagé en France au XVe et XVIe siècles. Laissant de côté l’histoire voyons son sens philosophique actuel. L’humanisme peut se définir comme la doctrine fondée sur l’affirmation ontologique selon laquelle l’homme existe (il a un être propre), associée à un principe selon lequel il doit être respecté dans son être. L’humanisme suppose un fond commun à la condition humaine, une humanité de tous les membres de l’espèce humaine. Le versant éthique de l’humanisme prône la dignité et la valeur de tous les individus humains et rejette les formes d’assujettissement. C’est un effort pour sortir l’homme de la fatalité destructrice, des affrontements sociaux, le protéger au nom d’un principe supérieur.

L’individu humain résulte de la synthèse individualisante qui associe des aspects biologiques, psychologiques et sociologiques. Il y a donc une pluralité ontologique de l’homme. À partir de là, l’humanisme consiste à respecter la pluralité de ce qui constitue l’homme, à le considérer selon toutes ses dimensions. Et donc à chercher à n’en éliminer aucune. De plus l’homme est issu de processus évolutifs, à l’échelle de l’espèce, à l’échelle de l’individu (qui passe de l’enfance à l’âge adulte), et à celle des sociétés. L’homme n’est pas figé mais en devenir. Il lui faut une éthique pour se diriger.

Dans la perspective ontologique qui montre la diversité des devenirs possible pour l’homme, l’humanisme consiste à faire en sorte que l’humanité telle que définie ci-dessus – possible mais pas certaine chez l’homo-sapiens – , advienne. C’est donc un projet éthique, ce qui rejoint ce que nous avons vu ci-dessus en définissant l’humanité. Une éthique se prononce sur le bien, situé comme un but à atteindre. Ici le bien désigne ce qui forge la sociabilité et la dignité. L’éthique humaniste n’implique pas une attitude complaisante ou compassionnelle envers l’homme, ni un anthropocentrisme, mais seulement un respect des conditions nécessaires à l’humanisation. Pour un humanisme conséquent il faut ajouter à l’ontologie de l’homme, une éthique de l’humain.

Si nous parlons d’éthique, c’est parce que nous sommes réticents aux prescriptions sur les modes de vie. En Occident Socrate, puis les cyniques, les épicuriens, les stoïciens, en Orient le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, toutes les philosophies anciennes proposent des techniques de vie. C’est aussi le cas des religions qui suggèrent voire imposent (pour celles qui sont légiférantes) des manières de vivre. Dans ces diverses propositions, il y a une volonté de maîtrise, une prétention à imposer quelque chose et une négligence des circonstances sociales auxquelles chacun doit s’adapter. Nous sommes donc réticent à la traditionnelle « philosophie comme mode de vie ».

Conclusion

Nous définirons l’éthique humaniste comme une éthique qui se donne pour idéal le développement de cette « humanité » en chaque homme que nous avons tenté de définir. Il existe des éthiques barbares, utilitaristes, élitistes, qui s’y opposent Au vu du poids des déterminations psychologiques, sociales, économiques et politiques agissant sur les conduites humaines, il serait naïf de penser que la raison philosophique puisse influencer de manière décisive sur la vie humaine. L’éthique humaniste, joue seulement comme idéal et comme horizon qui appelle une pratique diversifiée, pour créer les conditions psychologiques, éducatives, politiques, économiques et sociales nécessaires à sa réalisation. Les vertus positives qui rendent l’homme « humain », adviennent chez l’homo sapiens au terme d’une éducation réussie et d’une maturation personnelle. 


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