La pluralité de l’homme

Brassempouyopt

L’homme et l’humanité : comprendre la pluralité de ce qui constitue l’homme

L’homme étant dans le monde, il participe des diverses formes d’existence présentes dans le monde. Il apparaît comme un être biologique doté de capacités intellectuelles et vivant dans un tissu social. Le clivage cartésien disparaît sans qu’il soit besoin de faire prévaloir un matérialisme réducteur ou un idéalisme. L’anthropologie résultante est fondamentalement plurielle.

L’individu humain étant concerné par les trois dimensions : biologique, cognitivo-représentationnelle et enfin sociologique, la conséquence épistémologique est que, si on prétend l’étudier, il faut tenir compte de ces trois aspects et n’en évincer aucun. Le réductionnisme n’est pas de mise dans les sciences humaines et sociales.

Certains récusent l’existence d’un niveau cognitif et représentationnel de complexité supérieure au neurobiologique. L’affaire n’est à ce jour pas encore tranchée. Il n’en reste pas moins que les capacités à connaître et se représenter le monde qui se manifestent par l’intermédiaire des individus et de leurs actions ne flottent pas dans les airs, ni ne tombent du Ciel des Idéalités.

Chaque homme doit son individualité à la synthèse unifiante qui se produit au sein de la pluralité de niveaux d’organisation qui le constitue. Dit autrement, l’homme est inclus dans un monde pluriel qui, nécessairement, le constitue et il s’individualise au sein du monde comme entité autonome grâce à une synthèse dynamique et fluctuante au cours de sa vie.

L’humain n’est pas Sujet hors du monde qui puisse le contempler, un Esprit séparé de la matière. L’homo sapiens est un vivant parmi les autres. Mais, à un moment donné de son évolution, il a acquis une spécificité d’espèce lui donnant un intelligence et il s’est mis à vivre en groupe formant des sociétés de plus en plus vastes et complexes. Pour autant, il n’a pas perdu son être biologique. L’homme est bien un vivant pris dans l’évolution et dont l’être participe du biologique. Mais, de plus, il est porteur d’une capacité cognitive présentant une autonomie qui explique l’intelligence, la pensée, la créativité et les possibilités culturelles de l’homme.

Les notions de corps et d’esprit produisent une opposition nuisible pour la compréhension de l’homme. Cette conception spontanée reprise du point de vue philosophique entraîne la pensée vers des impasses et des confusions. Comme l’a dit Gilbert Ryle en 1979, nous devrions essayer de nous passer de ces deux notions trompeuses. Au moins dans le cadre d’une pensée savante philosophique ou scientifique. On peut très facilement les remplacer par les concepts de biologique et cognitivo-représentationnel conçus comme niveaux émergents non substantiels.

Les connaissances actuelles dans les sciences humaines montrent qu’il est difficile de les séparer. Ces deux niveaux sont imbriqués et procèdent l’un de l’autre, mais un certain nombre d’arguments plaident en faveur de l’autonomie de chacun. Quels sont en gros les arguments ? Il est certain que le fonctionnement cognitif est en relation avec celui du cerveau.

Cette conception est cependant insuffisante, car aucun lien de causalité directe entre les deux n’est démontré. De plus, elle sous-entend une hiérarchie dans laquelle le plus bas niveau (biologique) serait dominant par rapport au plus haut (cognitif). Or, les capacités cognitives ont manifestement une détermination qui leur est propre.

L’homme possède individuellement les capacités donnant les conduites intelligentes, finalisées, symboliques, et la pensée sous ses différentes formes. Ce qui permet cela a un mode d’existence (d’organisation et d’intégration, si on veut le qualifier) dont on peut supposer qu’il émerge du neurobiologique et s’en différencie par un degré ultime de complexification.

Ce niveau cognitif est le réceptacle des apprentissages, de l’éducation, de la culture, des normes sociales, et il est l’objet de remaniements constants. Il est évolutif et en apprentissage permanent. En même qu’il émerge et existe, il se construit et prend une forme et un contenu précis.

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