Des sciences diverses

Euclideopt

Les connaissances scientifiques : plaidoyer en faveur d’une épistémologie non réductionniste

Il est utile de distinguer les connaissances en tant que processus de production des savoirs et les savoirs constitués qui en sont le résultats et peuvent être utilisés et transmis. L’étude des connaissances et des savoirs est complexe. La philosophie des sciences, l’histoire des sciences, l’histoire des idées et l’épistémologie forment un ensemble de savoirs complémentaires concernant la connaissance savante. Chacune a une orientation distincte et impose une méthode de travail propre, mais une même étude peut mélanger toutes ces démarches, si bien que leur différenciation n’est pas toujours possible.

Les sciences ont une importance toute particulière, car leurs façons de connaître apporte des garanties quant aux savoirs produits. Elles ont eu dans notre civilisation un rôle majeur de production d’un savoir concurrent à celui des idéologies et des religions et aussi un impact massif par le biais de de la technique. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de comprendre ce que sont les sciences.

Concernant la pratique des sciences, la pertinence du réductionnisme dogmatique (systématique) est douteuse. Ses partisans y voient une condition de la science et de son unité. Historiquement, le réductionnisme de méthode a été effectivement l’une des conditions de la constitution de la science moderne. Il est assez évident que ramener au plus simple les phénomènes étudiés a permis de trouver des explications et des lois vérifiables.

Mais, l’évolution historique montre que progressivement les connaissances scientifiques se sont occupées avec pertinence de phénomènes de plus en plus complexes. Ainsi donc, le principe de réduction méthodologique (principe analytique), n’a pas été appliqué systématiquement. Il est raisonnable d’accorder une dignité aux aspects complexes et une dignité épistémologique aux connaissances qui s’y attachent.

Une épistémologie réductionniste est insuffisante pour un certain nombre de domaines, en particulier la biologie et les sciences humaines. Entre approche réductionniste et approche systémique, un équilibre doit être envisagé. Méthode analytique de décomposition vers le simple et méthode synthétique de prise en comte de la complexité doivent être utilisées à des degrés divers selon le domaine étudié.

Il y a une relation réciproque entre ontologie pluraliste et épistémologie plurielle. En effet, une vision moniste fondée sur l’unité de la substance et de la science plaide en faveur d’une épistémologie réductionniste, alors qu’une ontologie pluraliste est en faveur d’une épistémologie qui varie selon le niveau de complexité considéré afin d’y adapter la méthode. Plus le niveau est complexe et plus l’approche devra être globale.

Le pluralisme épistémologique n’est en rien un relativisme à la façon de Paul Feyerabend du milieu de sa carrière (Contre la méthode). Nous disons seulement que plusieurs méthodes sont utiles, et que cette pluralité vient de l’adaptation au degré de complexité du champ étudié.

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