Une philosophie pluraliste

Philosophopt

Philosophie, idéologie, métaphysique : la recherche d’une démarcation et l’acceptation du pluralisme

Le premier rôle de la philosophie est de s’interroger sur les différentes façons de penser et sur leur pertinence.

La distinction entre science et opinion est, depuis Gaston Bachelard, une question classique. On connaît sa formule célèbre « l’opinion pense mal, elle ne pense pas, elle traduit des besoins en connaissances ». L’opinion, lorsqu’elle est collective et largement partagée, forme une idéologie, vis-à-vis de laquelle la philosophie doit se démarquer.

Prétendre discourir directement et de manière abstraite sur l’être, comme le fait la métaphysique, est vain, car c’est un discours spéculatif qui ne peut être ni vérifié, ni démenti. Elle dépasse les possibilités de la connaissance et se révèle, par conséquent, être vaine. La philosophie doit, au contraire, développer une argumentation appuyée sur des données empiriques fiables.

Il est aussi du rôle du philosophe de proposer un récit qui donne du sens à la vie humaine en donnant un contrepoint aux mythes, aux idéologies et religions qui nous entourent. « On ne devrait ni s’abuser soi-même, ni abuser les autres avec des mythes » affirme à juste titre Norbert Elias (Elias N., Norbert Elias par lui-même, Paris, Fayard, 1991, p. 55).

En procédant ainsi, la philosophie se démarque de l’idéologie et de la métaphysique pour constituer une pensée fiable, une connaissance sur le monde qui n’est pas scientifique, car plus vaste et plus synthétique que ne le sont les différentes sciences.

L’intelligence ne rend l’homme ni sage, ni prudent, ni avisé. L’avidité pour le pouvoir, les honneurs et l’argent, la haine, la jalousie, l’envie sont constantes. Les croyances religieuses et idéologiques font vivre les hommes dans des rêves qui tournent souvent au cauchemar lorsqu’elles sont associées à une volonté hégémonique.

Dès lors, la philosophie doit proposer une éthique qui puisse faire contrepoids, une éthique humaniste qui vise à promouvoir le respect, la dignité, l’intégrité pour chaque individu humain. Cette éthique se complète de lois, règles, institutions qui dépassent le champ du philosophe pour constituer ceux du politique et du juridique.

La diversité des doctrines philosophiques et religieuses est inévitable. Celles, totalitaires, qui menacent l’ensemble en prétendant s’imposer par un prosélytisme exclusif, par la violence physique ou par un endoctrinement intégral conditionnant les individus dès l’enfance ne sont pas acceptables.

Face à cela, on peut lutter par l’éducation et les institutions. C’est une responsabilité politique que de mettre en route des programmes éducatifs enseignant le respect humaniste et les valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de laïcité ainsi que de mettre en place les institutions qui les garantissent.

Au total, cela aboutit à une philosophie qui se démarque des autres types de pensées et revendique sa spécificité mais, en même temps, face à la diversité, admet le pluralisme.

Voir les articles correspondants à ce thème : Une philosophie pluraliste

 

Continuer vers :

Les connaissances scientifiques

 


© 2017 Philosophie et connaissance
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons – Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Pas de modification.